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31.05.2007
Théodore de Banville
Très régulièrement il nous confiait ce poème.
Toujours sur un ton emporté (qui emportait quoi d’ailleurs ?), assuré par sa connaissance irréprochable du texte.
Un jour, bien trop tard, les paroles de ce poème sont arrivées par bribes dans ma mémoire,
elles s’entrechoquaient, affolées d’approcher de si près ma conscience.
Et j’ai su, bien trop tard, qu’il s’agissait de l’histoire d’une vie, pas n’importe laquelle, la sienne.
Depuis, j’écris ces phrases partout, mais mon esprit refuse de les retenir, je perds l’ordre.
Alors je les recopie inlassablement, un peu comme une punition à l’école « je ne bavarde plus en classe - à écrire cent fois ». C’est peut-être un hommage à la beauté du texte,
un message que je refuse de comprendre, ou bien encore, une façon de revivre l’instant passé à ses côtés.
Je reste sur cette dernière idée.L.Caron
"...Théâtre, plein D'inspiration fantastique,
Tremplin qui tressailles d'émoi
Quand je prends un élan,
fais moi Bondir plus haut, planche élastique !
Frêle machine aux reins puissants,
Fais moi bondir,
moi qui me sens Plus agile que les panthères,
Si haut que je ne puisse voir
Avec leur cruel habit noir
Ces épiciers et ces notaires !
Par quelque prodige pompeux,
Fais moi monter, si tu le peux,
Jusqu'au ces sommets, où, sans règles,
Embrouillant les cheveux vermeils
Des planètes et des soleils,
Se croisent la foudre et les aigles.
Plus haut encor, jusqu'au ciel pur !
Jusqu'à ce lapis dont l'azur
Couvre notre prison mouvante !
Jusqu'à ces rouges Orients
Où marchent des dieux flamboyants,
Fous de colère et d'épouvante.
Plus loin ! plus haut !
je vois encor des boursiers à lunettes d'or,
Des critiques, des demoiselles
Et des réalistes en feu.
Plus haut ! plus loin ! de l'air ! du bleu !
Des ailes ! des ailes ! des ailes !"
Enfin, de son vil échafaud,
Le clown sauta si haut, si haut,
Qu'il creva le plafond de toiles
Au son du cor et du tambour,
Et, le coeur dévoré d'amour,
Alla rouler dans les étoiles."
(Théodore de Banville)
12:58 Publié dans 4. Anecdotes | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : opéra, musique, cinéma, écriture
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Commentaires
Il y a presque 15 ans... jeune comédienne... c'est sur les planches du tout minuscule Théâtre de Nesle que j'avais décidé de m'accaparer ce texte dont la musicalité automatique m'était venu sans hésitation au coeur, si souvent entendu par papa... Son regard croisé assis au premier rang, à côté de Bichette, fier de sa fille, je crois. La musicalité du texte était là mais sa compréhension n'est arrivé que bien des années plus tard... Quand ce texte a pris vie et que mon coeur s'est alors brisé...
Ecrit par : Titi | 08.06.2007
Je me souviens bien de ta prestation au Théâtre de Nesle.
J'avais écrit ce texte suite à une toile réalisée sur ce poème, c'est étrange comme nous avons besoin d'exprimer les choses d'une façon ou d'une autre... va voir (click en haut).
Merci pour ton commentaire, c'est exactement de cette façon qu'il faut faire vivre ce blog. A demain.
Ecrit par : laurence | 08.06.2007


