21.06.2007

Souvenir de Belle-Isle avec Arletty

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- c'que vous me faite rire Michel avec votre accent parigot!..."

Arletty se faisait souvent accompagner par Michel au théâtre,
elle souhaitait avoir "des yeux" amis afin de mieux raconter ce qu'elle ne pouvait hélas plus voir.

A Belle Isle, son grand plaisir était de déjeuner sous la tente, un plaisir mieux qu'un grand palace.
Avec les enfants, en plein champs, avec une des plus grandes artistes du théâtre et du cinéma.
Ce sont des moments magiques, innoubliables.

Il y avait aussi l'Auvergnat du coin ! Lucien et Paulette, alors là...( J'ai des photos)...

Monique.

http://www.youtube.com/watch?v=UJIIrguLzDw

31.05.2007

Arletty

Actrice française - de son véritable nom, Léonie Bathiat - née a Courbevoie, le 15 mai 1898, d'une mère lingère et d'un père auvergnat conducteur de tramways. Un jour, par hasard dans la rue, elle rencontre Paul Guillaume, l'homme qui imposa l'Art Nègre et le Cubisme. Il conseille à la future Arletty de tenter sa chance au théâtre et lui donne une lettre de recommandation pour le directeur du Théâtre des Capucines. Ce dernier l'engage dans un emploi très précis à l'époque : "petite femme de revue". En souvenir d'une héroïne de Maupassant, Léonie décide de s'appeler Arlette. Puis, à l'instigation de Tristan Bernard, dont elle sera l'interprète, elle mettra un i au bout, puis transformera le i en y pour faire plus "chic anglais up to date". En 1930, le cinéma parlant commence à s'imposer en France, Arletty qui avait toujours refusé de tourner dans les films muets, accepte un petit rôle dans un film de René Hervil LA DOUCEUR D'AIMER aux côtés de Victor Boucher. Arletty se trouve "horrible et mal photographiée", et décide de ne pas renouveler l'expérience. En 1935, Arletty joue un rôle épisodique mais très remarqué : "Parasol" dans PENSION MIMOSAS. Ce film est réalisé par Jacques Feyder qui a comme assistant Marcel Carné. Trois ans plus tard, Carné la dirige dans un film qui l'impose définitivement vedette, c'est HÔTEL DU NORD où elle lance sa fameuse réplique signée Henri Jeanson : "Atmosphère ! " Ce dernier dira : "Elle en a fait un monde. Une légende, un mythe. Ce mot elle l'a rendu célèbre à Londres, aux États-Unis, au Japon, en Chine... et ce qui est bien plus difficile, à Paris". Quant à la comédienne, elle déclare, quarante ans plus tard : "Je l'ai revu ce film, rien n'y est démodé, pas une phrase, pas un mot... Et mon rôle était vraiment un des plus beaux que puisse espérer une actrice. Une perfection. C'est comme une musique : "Il n'y a rien à en retirer, rien à y remettre... " (in "Arletty". Éd. Calmann Levy, 1959). En 1939, Jacques Prévert la révèle sous un jour différent en lui composant le rôle de Clara du JOUR SE LÈVE (autres vedettes, Jean Gabin et Jules Berry) à nouveau sous la direction de Carné. Toutefois, elle ne tient pas à s'enfermer dans un emploi dramatique et, la même année, tourne deux comédies aux côtés de Michel Simon : FRIC-FRAC - qu`ils ont créé ensemble au théâtre - et CIRCONSTANCES ATTÉNUANTES. En 1941, Arletty tourne MADAME SANS-GENE, un rôle qui semble écrit pour elle. À ses côtés un comédien débutant joue un petit rôle : c'est Alain Cuny avec qui elle partage la vedette l'année suivante dans LES VISITEURS DU SOIR où elle retrouve le tandem Carné-Prévert. Ce film consacre Arletty " Star". Dès l'année suivante, toujours avec le tandem Carné-Prévert et une distribution plus prestigieuse encore, elle interprète " Garance ", de ses aveux, le plus beau rôle que l'on ait écrit pour une femme dans le film, peut-être, le plus célèbre de l'histoire du cinéma français : LES ENFANTS DU PARADIS. Nous sommes en 1943, pour des raisons que l'on devine le tournage connaît quelques difficultés et le film ne verra le jour qu'au début de 1945 alors qu'Arletty est en résidence surveillée. En 1947 elle entreprendra un nouveau film, toujours avec le même tandem précité : LA FLEUR DE L'ÂGE. Mais ce film ne verra jamais le jour : la production fait faillite. Pour des raisons un peu identiques le film qu'elle commencera l'année suivante avec Pierre Dudan : BUFFALO BILL ET LA BERGÈRE, subira le même sort. C'est en 1949 qu'Arletty fera sa rentrée sur les écrans avec PORTRAIT D'UN ASSASSIN. Le film, en dépit d'une distribution remarquable : Pierre Brasseur, Erich von Stroheim, Dalio, etc., ne connaît qu'un relatif succès. Elle semble prendre sa revanche avec le théâtre où son éclectisme la pousse à jouer deux pièces de Tennessee Williams : en 1950 " Un Tramway nommé Désir " dans une mise en scène de Raymond Rouleau et, en 1959, " La Descente d'Orphée". Entretemps, une revue à l'Empire où elle fait une mémorable imitation de Piaf. GIBIER DE POTENCE, d'après un roman de Curtis, HUIS CLOS d'après Sartre et L'AIR DE PARIS où elle retrouve Gabin et Carné, mais sans Prévert, sont les derniers films qui attirent l'attention sur elle. Un grave accident des yeux la contraint d'abandonner les studios. Sa dernière apparition au cinéma : LE VOYAGE À BIARRITZ où elle retrouve Fernandel et Roger Hubert, directeur de la photographie. Arletty est morte le 23 juillet 1992 à Paris.


Filmographie : 1 films


1930 - La douceur d'aimer (René Hervil) 1931 - Un chien qui rapporte (Jean Choux) 1931 - Mais n'te promène donc pas toute nue (Léo Joannon) 1932 - Enlevez moi (Léonce Perret) 1932 - La belle aventure (Reinhold Schünzel) 1933 - Une idée folle (Max de Vaucorbeil) 1932 - Un soir de réveillon (Karel Anton) 1932 - Je te confie ma femme (René Guissart) 1932 - La guerre des valses (Ludwig Berger) 1934 - Le voyage de M. Perrichon (Jean Tarride) 1935 - Le vertige (Paul Schiller) 1935 - La fille de Mme Angot (Jean Bernard-Derosne) 1935 - Pension mimosas (Jacques Feyder) 1935 - Amants et voleurs (Raymond Bernard) 1936 - Aventure à Paris (Marc Allégret) 1936 - Le mari rêvé (Roger Capellani) 1936 - La garçonne (Jean de Limur) 1937 - Désiré (Sacha Guitry) 1937 - Faisons un rêve (Sacha Guitry) 1937 - Messieurs les ronds de cuir (Yves Mirande) 1937 - Aloha ou le chant des îles (Léon Mathot) 1937 - Les perles de la couronne (Sacha Guitry, Christian-Jaque) 1938 - Si tu m'aimes (Alexandre Ryder) 1938 - Le petit chose (Maurice Cloche) 1938 - La chaleur du sein (Jean Boyer) 1938 - Hôtel du nord (Marcel Carné) 1939 - Circonstances atténuantes (Jean Boyer) 1939 - Le jour se lève (Marcel Carné) 1939 - Fric Frac (Claude Autant-Lara, Maurice Lehmann) 1940 - Tempête (Bernard-Deschamps) 1941 - Madame Sans Gêne (Roger Richebé) 1942 - Boléro (Jean Boyer) 1942 - La femme que j'ai le plus aimée (Robert Vernay) 1942 - L'amant de Bornéo (Jean-Pierre Feydeau, René Le Hénaff) 1942 - Les visiteurs du soir (Marcel Carné) 1945 - Les enfants du paradis (Marcel Carné) 1947 - La fleur de l'âge (Marcel Carné) (inachevé) 1949 - Portrait d'un assassin (Bernard Roland) 1952 - Gibier de potence (Roger Richebé) 1952 - L'amour madame (Gilles Grangier) 1953 - Le père de mademoiselle (Marcel L'Herbier) 1954 - Huis clos (Jacqueline Audry) 1954 - Le grand jeu (Robert Siodmak) 1954 - L'air de Paris (Marcel Carné) 1956 - Mon curé chez les pauvres (Henri Diamant-Berger) 1957 - Vacances explosives (Christian Stengel) 1958 - Le passager clandestin (Ralph Habib) 1958 - Et ta soeur (Maurice Delbez) 1958 - Maxime (Henri Verneuil) 1958 - Un drôle de dimanche (Marc Allégret) 1959 - Paris la belle (Pierre Prévert) 1962 - La gamberge (Norbert Carbonnaux) 1962 - Les petits matins (Jacqueline Audry) 1962 - La loi des hommes (Charles Gérard) 1962 - Le jour le plus long (Ken Annakin, Andrew Marton, Bernhard Wicki, Gerd Oswald, Elmo Williams) 1962 - Le voyage à Biarritz (Gilles Grangier) 1963 - Tempo di Roma (Denys de la Patellière)

Maurice


Le visiteur du jour....

Midi, les branches des tamaris s’écartent. Juste avant, le chant du petit klaxonne tressautant sur les bosses annonce sa venue comme les douze coups de bâtons qui précèdent la levée du rideau.
Et justement le rideau se lève.

Notre ami « des nouvelles » s’avance, il apporte le mandat poste du « cacheton » du mois dernier, les cartes postales de la grand-mère volante, et peu importe, c’est sa venue qui est importante le courrier n’est qu’un prétexte.
La fête commence….
Un « bonjour les petit z-amis » joyeux met le ton. Papa s’empresse de servir un petit coup de rouge ou un un petit coup de cidre, de toutes façons il s’agit toujours « d’un petit coup » - service oblige.
Et puis il fait chaud.
Nous nous précipitons, avides d’écouter les dernières anecdotes de l’Ile, les délicieuses et les terribles, et notre Ile c’est tout un monde.
Debout, refusant gentiment le siège qu’immanquablement maman glisse derrière lui, il balaye d’un regard tendre nos têtes blondes accourues.Après un échange des bons mots d’usage qui s’assurent de la santé et du moral de chacun, les fameuses anecdotes se délient dans leurs moindres détails, puis l’Ami lève son verre très haut à la façon d’un hôte qui invite une immense tablée à porter un toast.
Papa ne tarde pas à lui poser la main sur l’épaule en entamant une phrase qui commence toujours par « mon petit Maurice… », geste simultanément répété par Maurice comme un signe attentif de reconnaissance « mon petit Michel… » Bien plus tard, c’est sur mon épaule que Maurice posera sa main…
Et hop ! A cheval sur son destrier de fer, il repart déjà tenant d’une main son guidon pour nous lancer son plus grand salut.
Vivement demain qu'il revienne !

Plus tard, on "passera" après les courses, après la plage et nos conversations auront déjà des accents nostalgiques. Avec beaucoup de pudeur, nous parlerons de celui qui n'est plus là, soutenant de toutes nos forces le regard des enfants pour y chercher l'inévitable ressemblance.
Plus tard encore, nous pleurerons ensemble celle qui n'est plus, et pourtant si, assise là, on entendra encore son rire cristallin si frais.
Et enfin, l'étape ne sera plus jamais la même, entre enfants et petits enfants plus ou moins orphelins, nous entretiendrons ces bonheurs passés pour en vivre de nouveaux.
Et ce qui ne changera pas, ce seront les images et les phrases encore intactes, nous nous emploierons avec la plus grande application à tout redessiner.
Ma fille m'a dit que Maurice était parti dans le ciel sur son vélo magique pour retrouver Odile et Michel. En fait je n'aurai rien dû écrire d'autre que cette phrase.
Chaque jour, je soigne les petits pieds de tomates qu’il m’a confié en avril, ils poussent doucement, j’attends ces tomates comme la promesse d’un rendez-vous.Et quand toutes les tomates auront été mangées…
Pour Maurice."
L.Caron